Remboursement des protections périodiques en 2026 : ce que dit vraiment le décret
En septembre 2026, la France met en place le remboursement des protections périodiques réutilisables pour les jeunes femmes. Une avancée que nous saluons, mais qui soulève aussi de vraies questions de santé publique. De quoi s'agit-il exactement, qui est concerné, et que faut-il en penser ? On fait le point, en toute transparence.
🗞️ Estelle s'exprime sur le sujet dans la presse
« C'est une avancée pour les femmes mais ça peut aller plus loin. » En juillet 2026, Lyon Femmes a interrogé Estelle Thollet, fondatrice de Sacrée Française, sur ce dispositif : ce qu'il apporte, ce qu'il laisse de côté, et pourquoi la composition des protections devrait être un critère.
À lire avant tout
Les modalités de ce dispositif évoluent. Avant toute démarche, vérifiez toujours les informations à jour sur les sources officielles : service-public.fr et ameli.fr. Cet article est une information générale de santé publique, pas un engagement de remboursement.
Ce que prévoit le décret (en vigueur depuis septembre 2026)
Le dispositif est encadré par le décret n° 2026-288 du 17 avril 2026, issu d'une mesure adoptée dans le budget 2024 de la Sécurité sociale. Il concerne 6,7 millions de personnes. Voici ce qu'il faut retenir :
- Pour qui ? Les personnes de moins de 26 ans, ainsi que les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S), sans limite d'âge.
- Combien ? 60 % du prix pris en charge par l'Assurance maladie (le reste pouvant être couvert par une complémentaire). Gratuité possible pour les bénéficiaires de la C2S.
- Combien de produits ? Deux produits remboursés par an, par personne : le compteur court de date à date à partir du premier achat.
- Quels produits ? Uniquement les coupes menstruelles et les culottes menstruelles inscrites sur la liste officielle.
- Où ? La prise en charge passe obligatoirement par la pharmacie d'officine, à titre transitoire jusqu'au 31 décembre 2028 au plus tard, le temps de garantir un conseil de santé par les pharmaciens.
Une avancée que nous saluons, vraiment
Pendant longtemps, le coût des protections a constitué un frein réel, en particulier pour les jeunes femmes. Réduire cette barrière économique va dans le bon sens, et rejoint notre engagement de fond contre la précarité menstruelle. Sur le principe, c'est une bonne nouvelle.
Mais quatre limites qui méritent d'être posées
En lisant le détail du dispositif, plusieurs points interrogent :
- Seules deux catégories sont éligibles. Les serviettes hygiéniques lavables et les protège-slips, souvent les protections les plus simples et les mieux tolérées, sont exclus du remboursement, alors qu'ils figuraient dans les premières versions du dispositif.
- Deux produits par an, c'est un essai, pas un équipement. Passer au réutilisable demande de pouvoir tourner : pendant qu'une protection se lave et sèche, une autre prend le relais. Sur un cycle complet, il faut donc plusieurs pièces. Le plafond de deux produits remboursés permet de découvrir un format, pas de s'équiper vraiment.
- Le passage obligatoire par l'officine favorise mécaniquement les acteurs capables de financer un référencement en pharmacie, c'est-à-dire les grands industriels. Les artisans et créateurs français sont, de fait, écartés.
- Aucun critère d'innocuité n'est exigé. C'est le point le plus délicat (voir ci-dessous).
Le paradoxe : on rembourse un format, pas une garantie de santé
C'est l'enjeu central. Une étude scientifique publiée en 2025 (équipe de l'University of Notre Dame, parue dans Environmental Science & Technology Letters) a détecté la présence de PFAS (les « polluants éternels », suspectés d'agir comme perturbateurs endocriniens) dans plusieurs protections périodiques réutilisables, y compris des culottes menstruelles.
Autrement dit : le dispositif rembourse des produits sur un critère de format (coupe ou culotte), sans imposer la moindre certification d'innocuité. Or le vrai sujet n'est pas « culottes contre serviettes » : des substances indésirables peuvent se retrouver dans n'importe quelle catégorie mal contrôlée. Le vrai critère, c'est la certification de chaque composant.
L'enjeu est particulièrement fort pour les femmes souffrant d'endométriose ou d'autres troubles gynécologiques, pour qui le lavable est souvent recommandé : se tourner vers un produit sans certification sérieuse annule le bénéfice recherché.
Le coton bio protège les sols ; le label Oeko-Tex protège votre intimité.
La position de Sacrée Française, en toute honnêteté
Soyons transparents : nos produits ne sont pas remboursés dans le cadre de ce dispositif, puisqu'il ne concerne que les coupes et culottes vendues en pharmacie. Nous préférons vous le dire clairement plutôt que d'entretenir une confusion.
Ce que nous vous offrons, en revanche, c'est l'essentiel : des serviettes hygiéniques lavables et des protège-slips dont chaque composant est certifié Oeko-Tex Standard 100 : des textiles testés en laboratoire indépendant contre plus de 100 substances toxiques, 0 % PFAS, 0 % perturbateur endocrinien. Façonnés à la main par Estelle, dans son atelier à Lyon, labellisé « Fabriqué à Lyon » par la Ville de Lyon. L'innocuité prouvée, plutôt que le format remboursé.
Serviettes lavables : comment se faire aider quand même
Le décret n'est pas la seule porte d'entrée. En attendant l'élargissement du dispositif, que nous défendons publiquement et que d'autres fabricantes françaises réclament aussi, plusieurs aides bien réelles existent déjà pour les serviettes lavables :
- Votre mutuelle. De plus en plus de complémentaires santé prennent en charge les protections réutilisables via leur forfait prévention (parfois appelé forfait bien-être ou médecines douces) : c'est notamment le cas de mutuelles étudiantes comme la LMDE ou Heyme, et de grandes mutuelles comme la MGEN ou Harmonie Mutuelle, selon les contrats. Les montants varient de quelques dizaines d'euros à plus de 100 euros par an selon les formules. Le bon réflexe : chercher la ligne « prévention » dans votre tableau de garanties, ou poser la question directement à votre conseiller. Une facture suffit généralement pour être remboursée.
- Votre ville, votre département. Des collectivités subventionnent l'achat de protections réutilisables ou en distribuent gratuitement : Strasbourg a par exemple mis en place une aide à l'achat de protections réutilisables sans condition de ressources. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou du CCAS, les dispositifs locaux sont nombreux et souvent méconnus.
- Votre campus. Si vous êtes étudiante, les services de santé étudiante, les CROUS et les associations de campus distribuent des protections gratuites toute l'année et organisent des ateliers autour du réutilisable. C'est aussi souvent par là que passent les premières découvertes du lavable.
Cette liste évolue vite : les aides locales se multiplient depuis que le sujet est sur le devant de la scène. Avant un achat, un simple appel à votre mutuelle peut transformer votre équipement complet en dépense largement remboursée.
L'intérêt économique du lavable, chiffres à l'appui
Même sans remboursement, le passage au lavable reste un choix très économique :
- Coût annuel des protections jetables : souvent entre 50 et 150 € par an, à vie.
- Durée de vie du lavable : une serviette Sacrée Française dure 5 à 8 ans.
- Économies réelles : sur la durée, le lavable représente plusieurs centaines d'euros d'économie par rapport au jetable.
Autrement dit, le lavable est rentabilisé en quelques cycles. Le calcul détaillé sur 5 ans est ici.
Bien s'équiper sans se ruiner
Pour un premier équipement malin, les lots et kits couvrent tout le cycle à prix avantageux :
- Les kits de démarrage, pour débuter sereinement.
- Lot de 3 serviettes flux abondants / nuit, pour les jours forts.
- Protège-slips lavables, pour le quotidien et les fins de cycle.